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Conspirer

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Rien ne semble plus aller de soi que respirer. Pourtant, le souffle est aussi éthique et politique. Des suicides d’esclaves aux luttes ouvrières et féministes au XIXe siècle, de la philosophie à la littérature et à la psychanalyse, Peter Szendy retrace une histoire oubliée du  » respirer ensemble « . Car nous respirons toujours avec, pour ou contre l’autre.

L’accès à une atmosphère respirable n’a jamais été aussi menacé qu’aujourd’hui. Et la question d’un partage de cette ressource qu’est l’air – le dernier des communs, disait Elias Canetti – se pose de façon d’autant plus urgente.
Le présent essai fait pourtant le pari d’un temps long, en vue d’une véritable généalogie du respirer ensemble. L’enquête commence avec la notion de sympnée chez Platon et Aristote (dont l’équivalent latin, notamment chez Cicéron, est la conspiration, à entendre littéralement comme une co-respiration). Elle s’attarde auprès des pages les plus sombres des récits de la traite transatlantique, là où l’on parle de retenir son souffle jusqu’à en mourir. Elle se poursuit avec la revendication d’un  » droit de respirer  » dans les mouvements ouvriers ou féministes au XIXe siècle.
Ce qui en ressort – ce que confirment aussi bien la lecture de certains cas freudiens que la philosophie de l’inspiration chez Emmanuel Lévinas –, c’est que la respiration est fondamentalement une relation à l’autre. Non seulement parce qu’on ne respire jamais seul, mais aussi et surtout parce qu’on respire toujours pour, à l’adresse de, à la place de, voire contre l’autre (tout contre).
C’est toutefois la littérature qui permet de véritablement prêter l’oreille à toutes les résonances d’un tel partage du souffle. De Thomas Bernhard à Marlene NourbeSe Philip, d’Edgar Allan Poe à Hermann Broch, la présence spectrale de l’autre respirant se condense parfois dans des formulations aussi vertigineuses que celle de Clarice Lispector lorsqu’elle ose écrire :  » Je te me respire « .

Format

Kobo eBook, Paperback

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