Si les souvenirs de l »éditeur-libraire Paul Michaud nous entraînent à peine cinquante ans en arrière, la société qui a vu apparaître, rue de la Couronne, à Québec, l »Institut littéraire de Québec, semble, elle, incroyablement lointaine. C »était au temps de l »Index, une époque où, «pour trouver un livre, il fallait traverser la ville».
C »est dans ce contexte que Paul Michaud ouvre sa librairie «profane» qu »il transformera en comptoir postal avant d »endosser le métier d »éditeur. Parmi les écrivains à venir enrichir la production du jeune Institut figurent Anne Hébert, Roger Lemelin, Marie-Claire Blais, pour ne nommer que ceux-là. mais il y a aussi Yves Thériault, dont la destinée influencera profondément celle de son éditeur.
La vie de l »éditeur-libraire est aussi aventureuse que passionnante. Aux risques habituels de l »édition s »ajoute la difficulté de devoir déjouer les mille et un tours qu »invente une Église suspicieuse.
De tout cela, Paul Michaud offre un récit savoureux, agréable alliage de lucidité et d »humour, grâce auquel on pénètre dans les coulisses d »un métier méconnu tout en renouant avec une facette oubliée de l »histoire culturelle du Québec.
Entre 1949 et 1961, l »Institut littéraire de (et plus tard «du») Québec, aura publié plus d »une trentaine d »oeuvres dont la plupart comptent aujourd »hui parmi nos classiques. Cette belle aventure d »un pionnier du «commerce du livre» nous entraîne de Québec à Paris, là où ses rêves l »ont conduit. Celui que le journaliste et critique Réginald Martel présente comme «un marchand de liberté».






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