André sort de l’autobus et arrive au party en essayant de retenir ses larmes. Le regard indiscret d’un inconnu ramène Maryse, à son corps défendant, à cet implacable impératif de plaire. Dans les toilettes, pendant que la file s’allonge à vue d’œil, Christopher s’attarde à terminer ce qu’il a entrepris il y a maintenant trop longtemps. Bobby cherche le regard de Riyad pendant que Maude et Gaël dansent ensemble, leurs pensées à mille lieues. Le party bat son plein et dans les replis invisibles, tout un univers résonne aux oreilles de chacun, comme une musique assourdissante.
Il est encore là, immobile, à faire face au même immeuble. Alors que celui-ci lui paraissait banal, un bâtiment comme il en y a une multitude en ville, il lui semble, au second coup d’œil, inquiétant, avec ses rideaux dressés comme des barricades, ses flancs briquetés amochés sur lesquels grimpent des ombres. Il y perçoit une sorte de fragilité : comme si tout ce qu’il y avait de vie en veilleuse, à l’intérieur, menaçait de le faire exploser à force de palpitations. Il imagine ses murs voler en millions de débris qui, projetés dans sa direction, viendraient l’enterrer vivant. La vision l’effraie – il est en même temps impatient que se produise l’inévitable.
Hugo Bourcier est un maître de littérature devenu programmeur informatique. Son premier texte, entamé à six ans mais resté inachevé, s’intitulait ambitieusement . Depuis cette fracassante entrée en matière, il a composé, écrit et enregistré de la musique pour plusieurs projets musicaux et a publié un recueil de nouvelles intitulé à la maison en feu. Ses créations portent les traces du penchant de leur auteur pour les cultures underground et les perdants magnifiques.






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